À retenir. Le fonds en euros garantit votre capital et vos intérêts acquis grâce à l’effet cliquet. Son rendement moyen s’établit autour de 2,5 % à 2,7 % en 2026, un niveau souvent inférieur à l’inflation. Les unités de compte visent 4 % à 6 % annuels sur le long terme mais exposent le capital aux fluctuations des marchés financiers. Nous vous conseillons une allocation mixte adaptée à votre horizon d’investissement et à votre profil de risque, avec en pratique 30 % à 70 % d’unités de compte selon votre appétence au risque.
Le fonds en euros : sécurité et rendement stable
Le fonds en euros constitue le support historique de l’assurance vie. Il repose sur un principe simple : l’assureur garantit le capital versé et les intérêts crédités chaque année. Cette garantie est encadrée par l’article L.132-5-1 du Code des assurances et par la réglementation Solvabilité II qui impose aux compagnies d’assurance de constituer des fonds propres suffisants pour couvrir leurs engagements.
Les fonds en euros sont majoritairement investis en obligations d’État et d’entreprises de qualité, à hauteur d’environ 75 % à 85 % du portefeuille selon les compagnies. Le reste se répartit entre immobilier (SCI, SCPI internes), actions et produits monétaires. Cette allocation prudente explique à la fois la sécurité offerte et le rendement modéré du support.
Le mécanisme de l’effet cliquet
L’effet cliquet est le mécanisme central du fonds en euros. Chaque année, les intérêts crédités s’ajoutent définitivement au capital et deviennent eux-mêmes producteurs d’intérêts. Autrement dit, une fois inscrits sur votre contrat, ces gains ne peuvent plus être remis en cause, même si les marchés obligataires s’effondrent l’année suivante.
À noter : cette garantie ne couvre pas le risque de défaut de l’assureur. En cas de faillite, le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP) protège chaque assuré à hauteur de 70 000 € par compagnie, tous contrats confondus.
Rendements des fonds en euros en 2026
Après plusieurs années de rendements historiquement bas (autour de 1,3 % en 2020), les fonds en euros bénéficient depuis 2023 de la remontée des taux obligataires. Les rendements moyens attendus en 2026 s’établissent ainsi :
- Fonds en euros classiques : 2,5 % à 2,7 % brut en moyenne
- Meilleurs fonds du marché : jusqu’à 3,2 % à 3,5 %
- Fonds en euros boostés (avec contrainte de versement en UC) : 3,8 % à 4,5 % sur la première année
Il convient de rappeler que ces rendements s’entendent bruts de prélèvements sociaux (17,2 %) mais nets de frais de gestion. Après prélèvements sociaux, un rendement brut de 2,7 % ressort à environ 2,24 % net.
Les unités de compte : diversification et performance visée
Les unités de compte (UC) sont des supports d’investissement variés adossés aux marchés financiers. Contrairement au fonds en euros, elles ne se comptent pas en euros mais en nombre de parts dont la valeur fluctue quotidiennement. L’assureur garantit uniquement le nombre de parts détenues, jamais leur valorisation.
Le catalogue d’unités de compte d’un contrat multisupport comprend :
- Fonds actions : ETF indiciels (MSCI World, S&P 500, CAC 40), fonds thématiques, fonds sectoriels
- Fonds obligataires : obligations d’entreprises, obligations souveraines, fonds à échéance
- Fonds immobiliers : SCPI, OPCI, SCI
- Fonds diversifiés : gestion pilotée par un gérant selon un mandat prudent, équilibré ou dynamique
- Fonds monétaires : placements de très court terme, faible risque
Rendement et risque des unités de compte
La performance des UC dépend de leur nature et de l’horizon d’investissement. Historiquement, les grands indices actions internationaux affichent un rendement annuel moyen de 6 % à 8 % sur 20 ans, avec des variations annuelles importantes. Il faut accepter des baisses ponctuelles de 20 % à 30 % certaines années pour capter les hausses des cycles suivants.
La règle empirique de nos analystes : plus l’horizon est long, plus la volatilité s’estompe. Sur une durée de 15 à 20 ans, la probabilité statistique de perte en capital sur un portefeuille actions diversifié devient marginale, à condition d’éviter les erreurs de gestion (sorties précipitées, market timing).
Fonds euros vs unités de compte : tableau comparatif
| Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Garantie du capital | Oui (par l’assureur) | Non |
| Rendement moyen 2026 | 2,5 % à 2,7 % | 4 % à 6 % (long terme) |
| Risque de perte | Nul (hors faillite) | Modéré à élevé |
| Horizon recommandé | Court à moyen terme | Long terme (8 ans et plus) |
| Diversification | Limitée (obligations) | Large (actions, immo, obligations) |
| Prélèvements sociaux | Prélevés chaque année | Prélevés au rachat uniquement |
| Fiscalité gains | Identique (PFU 30 % avant 8 ans, 24,7 % après) | Identique |
| Protection contre l’inflation | Faible | Meilleure sur le long terme |
| Frais de gestion moyens | 0,5 % à 0,9 % | 0,6 % à 1,2 % |
Cas concret : simulation sur 15 ans
Prenons l’exemple d’un versement initial de 30 000 € complété par 200 € mensuels pendant 15 ans, soit 66 000 € placés au total. Nous comparons trois allocations types :
Allocation 100 % fonds euros (rendement moyen retenu 2,5 % net de frais) : capital final estimé 81 400 €, dont environ 15 400 € de gains bruts. Après prélèvements sociaux annuels et fiscalité au rachat, le net s’établit autour de 78 200 €.
Allocation 50/50 fonds euros et UC (rendement composite 4,5 % net) : capital final estimé 96 800 €, dont 30 800 € de gains bruts.
Allocation 100 % UC diversifiées (rendement moyen historique retenu 6 % net, avec forte volatilité) : capital final estimé 115 200 €, dont 49 200 € de gains bruts. À noter que ce scénario suppose de traverser sereinement les baisses de marché intermédiaires sans arbitrer à contretemps.
L’écart entre l’allocation 100 % sécurisée et l’allocation 100 % dynamique atteint près de 34 000 € sur 15 ans, soit environ 45 % de capital supplémentaire. Cet écart matérialise ce que les économistes appellent la « prime de risque » : la rémunération attendue de la prise de risque sur les marchés financiers.
Comment répartir votre épargne selon votre profil
Il n’existe pas de répartition universelle. La bonne allocation dépend de trois paramètres : votre horizon d’investissement, votre tolérance au risque et vos objectifs patrimoniaux. Nos recommandations indicatives :
Profil prudent : 70 à 90 % de fonds euros
Adapté aux épargnants proches de la retraite (horizon inférieur à 5 ans), à ceux qui financent un projet à court terme (apport immobilier dans 2 à 3 ans) ou à ceux dont la tolérance psychologique aux baisses est faible. La performance sera modeste mais le capital protégé.
Profil équilibré : 40 à 60 % de fonds euros
Convient aux épargnants avec un horizon de 8 à 15 ans qui cherchent à faire fructifier leur capital sans exposition maximale. Cette allocation offre un compromis entre rendement et sécurité. Elle permet de capter une partie des hausses de marché tout en amortissant les baisses.
Profil dynamique : 10 à 30 % de fonds euros
Réservé aux épargnants disposant d’un horizon long (15 ans et plus) et acceptant une volatilité annuelle marquée. Ce profil vise la performance de long terme et considère les baisses comme des opportunités de renforcement plutôt que comme des pertes définitives.
Nous vous conseillons d’adapter cette répartition dans le temps grâce à un mécanisme de sécurisation progressive des plus-values, disponible dans la plupart des contrats. Le principe : transférer automatiquement les gains réalisés sur les UC vers le fonds en euros à intervalle régulier, ce qui verrouille la performance sans exposer l’ensemble du capital aux baisses.
Fiscalité de l’assurance vie : ce qu’il faut retenir
La fiscalité des gains est identique pour le fonds en euros et les unités de compte. Elle ne s’applique qu’en cas de rachat (partiel ou total), avec un régime favorable après 8 ans de détention :
- Avant 8 ans : prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 30 % sur les gains, ou au barème progressif de l’impôt sur le revenu sur option
- Après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple), puis PFU à 24,7 % (7,5 % IR + 17,2 % PS) sur la fraction des versements inférieure à 150 000 €
La seule différence de traitement entre les deux supports concerne le timing des prélèvements sociaux : ils sont prélevés annuellement sur les intérêts du fonds en euros. Ils ne sont prélevés qu’au moment du rachat pour les unités de compte. Ce décalage favorise mécaniquement la capitalisation des UC sur le long terme.
Gestion libre ou gestion pilotée : quel choix ?
Pour piloter la répartition entre fonds euros et UC, deux modes de gestion existent :
La gestion libre vous laisse le contrôle total. Vous choisissez vous-même les supports, les arbitrages et les versements programmés. Ce mode convient aux épargnants avertis, disposés à consacrer du temps au suivi de leur contrat et à l’analyse des supports disponibles.
La gestion pilotée (ou gestion sous mandat) délègue les décisions d’allocation à un gérant professionnel. Vous choisissez un profil (prudent, équilibré, dynamique, offensif). Le gérant ajuste la répartition selon les conditions de marché. Les frais sont un peu supérieurs (0,2 % à 0,4 % annuels supplémentaires) mais l’épargnant bénéficie d’une expertise professionnelle et d’une discipline d’arbitrage.
Foire aux questions
Pourquoi diversifier son assurance vie avec des unités de compte ?
Sur les 15 dernières années, le rendement réel des fonds en euros après inflation et fiscalité est resté proche de zéro. Ajouter des unités de compte permet de viser un rendement supérieur à l’inflation et donc de préserver, voire d’accroître, votre pouvoir d’achat sur le long terme. Sans exposition aux marchés, votre capital risque de s’éroder en valeur réelle malgré la garantie nominale.
Quelle est la répartition optimale des fonds euros dans une assurance vie ?
Une règle empirique répandue consiste à calculer votre part de fonds euros comme « 100 moins votre âge ». Un épargnant de 40 ans détiendrait ainsi 40 % de fonds euros et 60 % d’UC. Cette règle reste indicative : votre horizon réel, vos autres actifs (immobilier, épargne de précaution) et votre tolérance au risque doivent affiner cette répartition.
Quels sont les pièges à éviter en assurance vie ?
Trois erreurs reviennent régulièrement : arbitrer en panique après une baisse de marché, ce qui matérialise une perte qui n’était que potentielle ; concentrer son portefeuille sur un seul support ou un seul secteur ; enfin, souscrire un contrat aux frais élevés (frais d’entrée supérieurs à 3 %, frais d’arbitrage récurrents) qui érodent la performance nette sur la durée.
Quel est l’avenir des fonds en euros dans une assurance vie ?
La remontée des taux obligataires depuis 2023 redonne des couleurs aux fonds en euros, avec une amélioration progressive attendue jusqu’en 2027. Cependant, la contrainte réglementaire Solvabilité II pèse sur les assureurs qui limitent désormais l’accès aux fonds en euros classiques, imposant un quota minimum d’UC à la souscription. Les fonds en euros conservent donc leur rôle de socle sécurisé mais ne peuvent plus constituer, seuls, une stratégie patrimoniale performante.
Peut-on changer la répartition entre fonds euros et UC en cours de contrat ?
Oui, sans limitation. L’arbitrage entre supports est une opération courante qui ne clôture pas votre contrat et ne remet pas en cause son antériorité fiscale. Certains contrats offrent plusieurs arbitrages gratuits par an, d’autres facturent 0,5 % à 1 % du montant arbitré. Vérifiez les conditions dans la notice d’information de votre contrat avant tout mouvement.
Je vous partage via ce blog mon expertise sur les assurances en tout genre. Bénéficiez de mon expertise accumulée au fil des années pour assurer votre famille, vos possessions et vous-même.